Résolution 11

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Répertoire EnigmeGoya

Nous nous retrouvons comme nous nous y attendions en Algérie dont la majeure partie est occupée par le Sahara. Et nous voyons précisément 3 touareg bivouaquant autour d'un feu de bois dans le désert, près de leur tente, "assis en rond sur des nattes. Notre apparition a interrompu leurs incantations et ils demeurent immmobiles, les yeux fixés au sol, droit devant eux."L'un deux se lève, s'agenouille, creuse le sol et en extirpe une boule de cristal...

Les étoiles de ce ciel permettent-elles de nous situer ?  Y-voit-on par exemple Jupiter ?

Si quelqu'un veut bien se pencher sur ce point, merci de donner votre avis ici.

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Gros
plan
1er targui assis 2ème targui assis 3ème targui debout
En cliquant sur la boule bleue, nous sommes téléporté pour la deuxième fois (voir Enigme 6 Ramsés) dans la roulotte d'Irma.

Le décor y est identique. Seule nouveauté, une rose dans un solifore. Pour voir le reste du décor de la roulotte, téléportez-vous à la résolution de l'énigme 6.

Faut-il y voir un indice ?
Sans aucun doute.

Nom d'une rose ?
Rose des vents ?
Prénom féminin ?

Voici ce que nous dit Irma :

"On raconte qu'elle aurait été vendue comme esclave à Alger. Mais que cela n'aurait pas empêché la prédiction, faite à l'autre bout du monde, de se réaliser... Après avoir indiqué son prénom et son nom, tu iras là où, dit-on, son extraordinaire destinée se serait accomplie."


De prime abord, nous pensons à Angélique, Marquise des Anges, fille du baron de Sancé, "veuve" d'encore vivant Comte Joffrey de Peyrac, épouse du Marquis du Plessis-Bellière ... Héroïne du roman d'Anne et Serge Golon, alias Simone Changeux Mme Vsévolode de Goloubinoff, interprétée au cinéma par Michèle. Mais Irma me fait abandonner tout de suite cette piste par son "On raconte ...", laissant supposer que cette femme aurait réellement existé.

Nous devons donc chercher une femme ayant existé, en  rapport étroit avec la France (puisque le message est en français) et une prédiction faite à l'antipode d'Alger d'une destinée extraordinaire pour une esclave....

L'esclavage ayant été abolie entre 1794 et 1865 (aboli le 2 avril 1794 dans les colonies françaises, mais seulement en 1865 aux USA, 13ème amendement de leur Constitution), nous avons déjà un premier point de repère dans le temps. En outre, quelle destinée peut -on qualifier d'extraordinaire pour une esclave du monde musulman ? Si ce n'est celle de devenir reine ou plus exactement sultane. La sultane est l' "épouse, la favorite d'un sultan ottoman", nous dit Le Petit Larousse.
En consultant le site dédié aux  , mignonne allons voir si nous en trouvons une portant le nom de Sultane : nous en trouvons même 2 !

La Belle Sultane La Belle Sultane La Belle Sultane La Belle Sultane
La Grande Sultane centifolia_anglica_rubra.jpg (59005 bytes)
La Grande Sultane (appelée également Cumberland Rose ou Centifolia anglica rubra) est une rose de Provence de la famille des Centifolia. Voir Le Livre des Roses de Catherine Francis Gore à la page 196, et le site Redoute Rose N°47
La Belle Sultane (appelée également Rosa gallica violacea ou Maheka) est une rose du XVIIIème siècle. Voir ce  site et à nouveau celui-ci Rose N°8.
Le moteur Google nous fait découvrir avec les mots clés "grande sultane"  :
Granada.jpg (17930 bytes) Granada, capitale jumelle du Nicaragua, appelée aussi "Grande Sultane". Voir site.
  Un cheval de course baptisé "Grande Sultane"
  Le roman de Michel de Decker, Madame de Montespan - La Grande Sultane, chez Perrin (1985)
  La comédie de Cervantès intitulée La Grande Sultane
La Grande Sultane de Barbara Chase-Riboud Mais surtout le roman de l'Américaine d'origine Espagnole Barbara Chase-Riboud, La Grande Sultane, aux éditions Albin Michel, 1987, ISBN 2253052302, qui nous raconte la vie d'une jeune esclave créole qui devint sultane sur une quarantaine d'années (1781-1814). Ce livre est singulièrement bien documenté (477 pages).
ai trouvé sur 
les sites
Amazone
Alapage
Fnac

Cliquez pour lire le recto du livre (agrandissement)



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La Grande Sultane, un roman de  Barbara Chase-Riboud, publié en 1987, après La Virginienne qui a connu un immense succés international, nous amène à nouveau dans le monde de l'esclavage, mais cette fois de l'esclavage blanc.
L'aventure singulière et grandiose d'une jeune Créole qui devint la mère de Mahmud II, Ombre d'Allah sur Terre et Sultan de l'Empire ottoman au XIXème siècle, rejoint ici celle d'une des institutions les plus mal connues de toute l'histoire de la condition féminime : le harem, à la fois lieu sacré et lieu de servitude où les femmes pour survivre et parfois tuent pour conquérir le pouvoir.
Pendant 40 années de guerres turbulentes avec Catherine de Russie et Napoléon, Naksh-i-dil, Reine des Têtes voilées, va présider aux destinées de l'Empire et régir cette société de femmes qu'est le Grand Harem de Topkapi, mue par des règles aussi strictes que celle d'un couvent dont le maître est le Grand Eunuque noir.

Brillant, tumultueux, sensuel et ambitieux, La Grande Sultane est aussi une grande histoire d'amour où les liens puissants entre mère et fils brisent tous les obstacles et font échouer toutes les intrigues.

Le harem, peinture de Gerome

Nous avons donc une femme blanche qui d'esclave devint reine des Têtes voilées, Grand Harem de Topkapi, la sultane Naksh-i-dil et mère de Mahmud II, Ombre d'Allah sur Terre et Sultan de l'Empire ottoman au XIXème siècle.
Voir un harem.

Est-ce notre personnage ?

Recherchons encore sur le net pour voir si elle fut bien vendue à Alger et si l'on peut trouver son nom de naissance...

André Castelot, le célèbre historien, dans sa biographie sur Joséphine nous rapporte une anecdote qu'il tient pour véridique car sitée deux fois, une première fois par Joséphine elle-même et une seconde par Napoléon. Resituons tout d'abord les personnages et l'époque.

Le 9 mars 1796, le général Bonaparte épousait Joséphine, veuve du vicomte Alexandre de Beauharnais, mort sur l'échafaud en 1794 et dont elle avait deux enfants  : Eugène, âgé de 15 ans, futur vice-roi d'Italie et Hortense, 13 ans, qui épousera Louis Bonaparte, le propre frère de Napoléon, et deviendra reine de Hollande et donnera à son mari un fils prénommé Charles Louis Napoléon, plus connu sous le nom de Napoléon III. 

Joséphine, de ses vrais prénoms Marie-Josèphe-Rose (nous trouvons ici le prénom Rose), était née aux Trois-Ilets, à la Martinique, du mariage de Messire Joseph-Gaspard de Taschers, chevalier Seigneur de la Pagerie, lieutenant d'artillerie réformé et de Madame Marie- Rose de Vergers de Sanoix.

cliquez pour agrandir et voir le nom des lieux figurant sur la carte de la Martinique Vue de la flore de la Martinique

Or donc, Joséphine, adolescente, eut un jour l'idée avec sa petite amie et cousine Aimée du Buc de Riverny, d'aller consulter une voyante, une "devineresse" caraïbe nommée Eliana (nommée Euphémia David, la fille du baron Samedi, pour les romanciers Michel de Grèce et Barbara Chase-Riboud). Cette dernière après avoir lu dans la main d'Aimée lui déclara tout net :

"Tu seras reine un jour."

Sous la plume de Michel de Grèce, Aimée se souvient ainsi de cette journée :
"
- N'ayez pas peur, jolies créoles, approchez, approchez.
La voix qui nous invite de la sorte est jeune, légèrment teintée d'amusement, mais ni l'une ni l'autre nous ne pouvons bouger.
- Allons, approchez mes belles ! Je ne vais pas cracher des serpents et aucun gouffre ne s'ouvrira sous vos pieds, je vous le garantis. Approchez, que je vous voie mieux.
La voix a pris des intonations suaves et maintenant, comme nos yeux s'accoutument à l'obscurité ambiante, nous distinguons mieux les ombres qui peuplent la case : une trentaine d'hommes et de femmes, tous des noirs, assis en rond sur des nattes. Notre apparition a interrompu leurs incantations et ils demeurent immmobiles, les yeux fixés au sol, droit devant eux. Seule une des femmes a levé la tête et nous regarde : c'est Euphémia.
Bien qu'elle tienne son corps lové, on la devine de haute taille et plutôt efflanquée; elle a un nez surprenant dans un visage de négresse, très busqué, et des yeux pâles qu'elle doit tenir de son père irlandais. Elle nous envisage tour à tour, soudain elle se recroqueville davantage tandis qi'une onde d'effroi altère son visage lisse, tout laqué de sueur.
- Que voulez-vous, petites ? Pourquoi venir ici ?
Sa voix est descendue d'une octave, le souffle est court, le débit des paroles précipité.
Du coup, Joséphine a retrouvé tout son aplomb pour répondre :
- L'avenir. On dit partout que vous le connaissez - et ce disant, elle dépose devant Euphémia les cadeaux rituels, le sac de café, le pain de sucre. Je veux savoir si l'homme que j'aime m'aimera toujours et si je l'épouserai.
La gravité s'est inscrite sur le visage de celle qui connaît les charmes et les secrets du temps. Elle observe Joséphine intensément, jusqu'à l'âme dirait-on.
- Si jeune et déjà si curieuse de l'avenir, murmure-t-elle comme pour elle-même. Le présent ne te suffit-il donc pas, jeune fille ?
- Je veux savoir, a insisté Joséphine d'une petite voix où perce un reste d'inquiétude.
- Je ne te cacherai pas la vérité, petite, puisque tu y tiens tant, mais sache qu'elle ne sera pas forcément conforme à ton désir.
La voix de la pythonisse est devenue grêle, il semble que les mots soient égrenés par une flûte céleste qui déchiffre l'oracle :
- Un homme brun, un étranger, un Anglais pense à toi en effet. Il t'aime et tu l'aimes, mais sache que tu ne l'épouseras jamais. A ce rêve là, il te faut renoncer dès à présent, si tu m'en crois... Rassure-toi, d'autres rêves que tu es incapable de concevoir aujourd'hui se réaliseront en leur temps. Je vois pour toi un homme blond présentement destiné à une personne de ta famille qui va bientôt mourir. Celui-là sera ton premier époux.
Euphémia s'est emparée des mains de Joséphine et elle en examine les paumes avec une intense attention.
Lorsqu'elle reprend, c'est en une cascade de notes argentines, une prophétie inouïe :
- Tu feras deux mariages. Le premier de tes époux t'emmènera vivre en France. Là, tu connaîtras quelques années de bonheur mais bientôt vous vous séparerez et il mourra tragiquement, te laissant deux jeunes enfants. Ton second époux sera un homme de peu d'envergure physique, par surcroît inconnu et pauvre. Cependant il deviendra immensément célèbre, il fera retentir le monde de sa gloire et soumettra de nombreuses nations. Il te hissera avec lui à la position suprême. Tu seras... reine -
Ici Euphmémia a marqué un temps d'arrêt puis a poursuivi comme si, au fond de ses yeux pâles, l'image prenait une forme définitive : Non, pas reine... plus qu'une reine. C'est cela, tu seras plus qu'une reine. Mais souvent, alors que tu apparaîtras en pleine lumière, au faîte des honneurs et de la gloire, tu regretteras la vie douce et paisible qui est la tienne, ici, aujourd'hui, à la Martinique... Hélas, je vois aussi qu'après avoir ébloui le monde, tu mourras solitaire et abandonnée.
Euphémia est maintenant silencieuse, tête baisée, comme accablée par l'augure, devant une Joséphine stupéfaite, statufiée.
J'ai écouté tout cela sans en être aucunement impressionnée et je suis curieuse de savoir quelles nouvelles élucubrations pourrait inspirer à euphémia l'examen de mes mains. Dans un élan de défi j'avance vers elle et lui présente mes paumes :
- Et moi, que deviendrai-je à votre avis ? Dîtes-moi, pour voir. Je n'en croirai rien mais dîtes-moi !
Euphémia lentement a levé la tête et m'envisage. Elle a pris mes mains offertes, qu'elle tient ferme entre les siennes, mais elle ne les regarde pas. Son visage est couvert de sueur. Moi, je souris, je l'encourage par une nouvelle provocation :
- Alors, vous ne voyez rien ?
Elle prend le temps de renverser la tête, ses yeux se ferment, sa voix retrouve cette sonorité si particulière : dans la bouche d'Euphémia le destin est une pièce d'orfévrerie que les mots martèlent délicatement.
- D'ici quelques années, tes parents t'enverront en France. Lors d'un voyage ton navire sera arraisonné par des pirates qui t'emmèneront. Tu échapperas à un naufrage... Tu inspireras de l'amour à un souverain malheureux. Tu auras un fils... Oh ! comme c'est étrange, ce fils en vérité ne sera pas le tien, ni celui de cet homme. Son règne sera très glorieux mais je vois les marches et son trône ensanglantées par un régicide. Toi-même qui jouiras pourtant d'un pouvoir immense, tu ne connaîtras jamais les honneurs et la reconnaissance publics. Tu vivras recluse dans un magnifique palais que tu ne pourras jamais quitter.
Euphémia a lâché mes mains, son corps s'est infléchi vers l'avant, brisé par l'effort. Elle semble désormais incapable de prononcer un mot de plus.
Nous sommes deux futures souveraines qui courons à perdre l'haleine vers la maison des Tascher de la Pagerie, les parents de Joséphine.
"

N.B. : La même prophétie est relatée également par Barbara Chase-Riboud dans son roman La Grande Sultane, mais la jeune créole n'est pas pour elle Aimée Dubuc mais une Mademoiselle S**.
Autre divergence sur la date et le nom du navire à bord duquel l'héroïne fut enlevée par des pirates : le 29 juin 1781, la frégate
l'Argus, commandée par le capitaine de Chaumareys, se dirigeant vers Ibiza fut abordée par le navire pirate Oukil et Harj, commandé par le raïs algérien Barmksis, plus connu sous le nom de Mano Morta, à cause de sa main gauche mutilée.

Or donc, se rappelle Aimée Dubuc sous la plume de Michel de Grèce, quelques temps plus tard, le 8 août 1788, voguant vers la Martinique, à bord de la Belle Mouette commandée par le capitaine Duddefand, de retour de Nantes où elle venait d'achever ses études, Aimée fit naufrage à 40 milles au sud-ouest de La Coruna, en raison d'une voie d'eau. Heureusement, avant de sombrer, un navire espagnol, l'Aliaga, passa à quelques encablures... Michel de Grèce, dans La Nuit du sérail nous rassure : "Ils parvinrent à assurer les filins et à rapprocher les deux navires. Le passage d'un bord à l'autre s'effectua dans la bousculade et le désordre (...).Le bâtiment se dirigeait présentement vers Palma de Majorque, capitale des Baléares (...) une direction diamétralement opposée à la Martinique."
Aimée nous relate, toujours sous la plume de Michel de Grèce que "
Enfin, un matin, nous atteignîmes le cap de Barbarie de l'île de Formentera, la plus petite des îles Baléares. J'appris, toujours du capitaine Duddefand, que cette étrange désignation du cap était justifiée par sa position face à la partie de l'Afrique connue sous le nom de Barbarie et repaire de corsaires barbaresques. Mais nous n'avions pas à redouter de mauvaises rencontres, nous touchions au but. Groupés sur le pont, passagers et officiers se réjouissaient d'arriver enfin à bon port. Pour nous, c'était la fin d'une aventure éprouvante et pour les Espagnols, c'était bientôt le terme du voyage. Déjà l'îlot de Cabrera, le cap Salinas, le cap Blanc à l'extrêmité de Majorque étaient en vue. Dans une demi-heure nous pourrions même distinguer Palma. Hélas, le vent qui molissait était devenu presque nul, les voiles faseyaient et l'Aliaga n'avançait plus guère. Mon impatience en était exaspérée et j'arpentai les ponts en échaffaudant des plans pour rejoindre la Martinique au plus vite : aussitôt arrivée à Palma je me promettais de chercher un bateau à destination de Marseille. Là, je demanderais l'hospitalité à nos cousins Saint-Aurins et je prendrais la route pour Bordeaux dès que possible. A Bordeaux, je trouverais sans peine à embarquer pour la Martinique...
  - Voiles à l'arrière !
Le cri tomba de la hune, un cri qui draina aussitôt la population de l'Alliaga jusqu'à la poupe. A l'horizon là-bas, en effet, trois navires de petit tonnage. Alors du groupe des marins, un second cri, strident celui-ci, monté d'entrailles nouées par la peur :
- Les pirates barbaresques !
".
 Ainsi le vaisseau où avait pris place Aimée Du Buc fut pris par les pirates arabesques. Les trois frégates ramenèrent leur butin à El Djezaïr, autrement dit Alger. Les prisonniers furent amenés par le commandant pirate dans un ancien hammam transformé en prison. Aimée, morceau de choix, fut offerte par le dey d'Alger Baba Mohamed Ben Oman au sultan de Turquie (Constantinople), Abdulhamid Ier ou Abdoul Hamid Ier (1774-1789), fils d'Ahmed III. Aimée reprit donc la mer en direction de la Grande Porte, accompagnée par le Keznadar (ministre des finances du Dey d'Alger). Constantinople fut atteinte fin août 1788. Et Abdoul Hamid Ier fit rapidement d'Aimée sa favorite.  Aimée était reine. Elle prit le nom de Sultane Nakshildil , et fut à l'âge de 15 ans la mère adoptive (pour Michel de Grèce) du futur Sultan Mahmoud II ou Mahmud II alors âgé de 4 ans et en tant que telle fut appelée à l'âge de 36 ans la Vladde ou Validé (titre de la mère du sultan régnant) : c'était le 28 juillet 1808. 
Mahmoud II succédait en ce jour à son demi-frère Moustafa IV qui lui-même avait succédé à Sélim III (fils de Moustafa III, frère d'Abdul Hamid Ier) qu'il avait déposé le 30 mai 1807, puis assassiné... Sélim III et Aimée furent amants, d'après Michel de Grèce.
Sélim III avait succédé à Abdul Hamid Ier le 22 avril 1789.
Voir liste des Khalifa ici.Ottoman.jpg (40492 bytes)
Aimée était la fille de Louis-François Dubuc.
Michel de Grèce lui donne comme ancêtre le plus éloigné, un certain Pierre Dubuc : "
Né dans une famille modeste, ce jeune Normand à peine âgé de quatorze ans s'était engagé dans l'armée. Après quelques années à guerroyer au service du roi, et plus précisément à celui du cardinal de Richelieu qui gouvernait alors la France, on le vit revenir au pays avec le grade de lieutenant. Sa fréquentation de la petite noblesse d'épée l'avait rendu ambitieux, la guerre avait développé en lui des instincts belliqueux : sur un prétexte, il se prit un jour de querelle avec le chevalier de Piancourt, le provoqua en duel et l'occit bel et bien.
Or, chacun sait que le cardinal de Richelieu avait proscrit la pratique du duel et qu'il poursuivait de ses rigueurs quiconque contrevenait à ses décrets. Pour échapper au châtiment, il ne restait à Pierre Dubuc qu'une issue : embarquer sur le premier navire en partance et quitter la France. Dans le port de Dieppe, un trois-mâts s'apprêtait à larguer les voiles à destination des Antilles; sans autrement tergiverser, Pierre Dubuc monta à son bord, rejoignant un contingent de jeunes aventuriers avides de nouveaux espaces et de fortunes rapides.
A Saint-Christophe où le navire aborda quelques semaines plus tard, Pierre Dubuc fut aussitôt remarqué par le gouverneur français, monsieur d'Esnambuc, qui l'envoya sans délai prêter main-forte à la troupe occupée à coloniser la Martinique.
Très vite, Pierre Dubuc s'avéra un excellent guerrier. Il se battit indifféremment contre les Anglais et les Hollandais qui convoitaient les Antilles et, plus tard, une fois l'oeuvre de pacification achevée, on le vit s'installer dans la partie orientale de la Martinique, y établir la première plantation de canne, le premier moulin à sucre,  y tenter les premiers essais de culture du cacao. Il fonda une famille et une fortune et continua à s'enrichir jusqu'à ce que le roi Louis XIV décide de l'anoblir en 1701. Dès lors, comblé dans sa vanité, ayant assuré la prospérité de sa lignée, l'entreprenant Normand put mourir.
Moins d'un siècle plus tard, son innombrable descendance a essaimé sur toute l'Ile. Grands propriétaires terriens, ils contrôlent l'économie et le pouvoir : ce sont les Dubuc de Bellefonds, les Dubuc de Sainte-Preuve, les Dubuc-Beaudoin, toutes familles alliées qui sans cesse se réunissent, s'invitent, organisent réceptions et fêtes chaque fois qu'un évènement d'importance - mariage, naissance, obsèques - leur en fournit le prétexte.
"

Brêve histoire du peuplement de la Martinique
Il y a 5.000 ans avant JC, la Martinique vit l'arrivée des Arawaks, peuples indiens d'Amérique qui se répartissent depuis la Floride, les Caraïbes, la Guyane, jusqu'au littoral péruvien. Ils précèdent les Carib dans les Antilles, où ils ont joué un rôle important. Les Arawaks furent chassés de la Martinique vers l'an 1000 par les Caraïbes, de farouches guerriers, qui selon la tradition, auraient mangé leurs prisonniers et conservés leurs femmes à leur service. Ces deux peuples précolombiens vivent à l'âge de la pierre polie. Originaires du bassin de l'Orénoque, ils auraient atteint la Martinique en naviguant sur leurs pirogues à travers le chapelet d'îles des Petites Antilles.
On peut encore voir de nos jours dans la forêt de Montravail une trace de ce passé ancien avec 4 roches gravées de pétroglyphes.

Pierre Belain d'Esnambuc est considéré comme le "fondateur de la puissance française aux Antilles". En 1627, ce corsaire cauchois fonde, avec l'appui de Richelieu, une colonie française à Saint-Christophe. De là, il rayonne et en 1635, il prend possession de la Martinique.
La colonisation française commence avec l'arrivée en 1635 d'une centaine de colons originaires principalement de Normandie

Leur installation est longue et difficile malgré les dimensions réduites de l'île. Pour survivre, ils empruntent aux Amérindiens de nombreux éléments de leur civilisation, comme par exemple le manioc amer (fécule dont on tire le tapioca). D'autre part, ils doivent faire à la farouche résistance des Caraïbes.
La saisie de l'île se termine en 1658 par l'anéantissement presque total des Caraïbes (indiens caraïbes), cette population précolombienne.

Pierre Dubuc, l'ancêtre Normand d'Aimée, est précisément arrivé à la Martinique en 1658. Il s'est donc engagé dans la Milice de Trinité pour y chasser les premiers habitants. Il fut récompensé par le don d'un terrain à Trinité. Toute la presqu'île, sur la côte Atlantique, qui s'étend de la Caravelle au bourg de Trinité, à 28 km de Fort de France, appartenait à la famille Dubuc qui y construisit 7 sucreries. L'usine du Galion leur appartenait et est aujourd'hui la dernière sucrerie en activité de la Martinique.
Cette presqu'île abritait d'ailleurs, apprend-t-on, les activités illicites de la famille Dubuc ! C'était un ancien repaire de naufrageurs, trafiquants d'esclaves et de marchandises. Face aux rivages accidentés de la baie du Trésor et à la petite île du même nom, se dressent les imposantes ruines du château Dubuc, construit vers 1740 par la famille Dubuc de Rivery. On soupçonna leur château, aux nombreux entrepôts et à l'emplacement privilégié, de se livrer sur la Baie du Trésor, à du trafic de contrebande commercial. Cette ancienne habitation sucrière servait, dit-on, de plaque tournante à d'actives contrebandes et de fructueux trafics d'esclaves.
Les Dubuc étaient en somme des pirates...
Cernés par la mangrove et la forêt sèche, enclos, cachots d'esclaves et quelques pans de murs de la maison de maître sont ce qu'il reste de l'ancien "château". A l'entrée, un petit musée présente les objets retrouvés lors de fouilles archéologiques récentes et donne quelques informations sur les moeurs et coutumes du XVIIIème siècle.
Ces ruines témoignent de la fortune et de la puissance de Louis-François Dubuc, qui fut parmi les meneurs de la rébellion contre la Révolution Française.

Les Dubuc furent menés à la fameuse "affaire du Gaoulé" en 1717, quand avec d'autres propriétaires, ils se révoltèrent contre les décisions administratives prises par la France.
Le 4 février 1794, la Convention abolit l'esclavage et "décrète l'égalité des droits pour tous les nègres". Ce décret ne sera jamais appliqué à la Martinique, les dirigeants blancs dont Louis-François Dubuc y étant farouchement opposés. A tel point qu'ils préfèrent livrer l'île aux Anglais. L'île est donc effectivement conquise par les Anglais en 1794, qui rétablissent l'ordre esclavagiste ancien. Elle restera anglaise jusqu'en 1802 où elle redevient française par le Traité d'Amiens. Bonaparte y rétablit aussitôt l'esclavage et la traite, mesure suggérée par son épouse Joséphine.
Après la Révolution Française et l'abolition de l'esclavage, les Dubuc ont tout abandonné pour s'enfuir vers le Canada.
Il faudra cependant attendre le 22 mai 1848 pour que l'abolition soit effective, respectant ainsi le décret du 27 avril 1848 de Victor Schoelcher : c'est la raison pour laquelle le 22 mai est aujourd'hui jour férié en Martinique.
Voir l'Histoire de la ville de Trinité.

Cliquez pour agrandir la photo des ruines du château Dubuc en Martinique Les ruines du chateau Dubuc, construit au XVIII par les petits-fils de Pierre Dubuc, sont aujourd'hui encore visibles sur la côte est de la Martinique, péninsule de la Caravelle. C'est le 3ème site le plus visité de la Martinique, après Saint Pierre et le domaine de la Pagerie aux Trois Ilets.

Cette énigme contient des thèmes qui seront récurrents à cette chasse au Trésor :
- pirates         (Enigmes 2, 11, etc...)
- Normandie (Enigmes 11, 13, 14, 34, 35)
- trésor
- exil
- meurtre au cours d'un duel
- imposture
- erreurs, légende
- bateau, naufrage
- aventurier
- extermination complète d'un peuple

Au cours de nos recherches, nous avons rencontré de nombreuses variantes graphiques concernant le patronyme d'Aimée :

  • Aimée du Buc de Riverny (site Academia Corsa)
  • Aimée Dubuc de Riverie (site excursions en Martinique et en Guadeloupe, et roman de Michel de Grèce, La Nuit du Sérail)
  • Aimée Dubuc de Rivery (site italien sur Istanbul e ben oltre)

Curieusement, en avril 2002, je déménageais de Marseille pour Rivery dans la Somme, près d'Amiens... Sur les traces d'Aimée et de Jules Verne. Quand la fiction rejoint la réalité... Blason de la ville de Rivery dans la Somme, France

Eliana lut ensuite dans la main de Rose de la Pagerie. Elle s'y attarda, comme étonnée. Puis, elle déclara :

"Tu te marieras bientôt. Cette union ne sera pas heureuse, tu deviendras veuve, et alors tu seras plus que reine."

Joséphine devint en effet Impératrice...


A ce stade, nous pouvons être satisfait.
Tout coïncide avec l'énoncé de l'énigme.
Il ne nous reste plus qu'à tenter.

A priori plusieurs orthographes sont acceptées par Scol.

Voici personnellement, celle que j'ai validée, même si la plus commune sur le net est Aimée Dubuc de Rivery.


La réponse est :

- saisie avec le clavier latin


- pays pointé : Turkey


Quelques Compléments :


Michel de Grèce
sa Biographie

Michel de Grèce a écrit également un livre historique sur cette histoire, et 5 années avant celui de Barbara Chase-Riboud :
La Nuit du Sérail, 1982, Gallimard, Folio

Née à la fin du XVIIIe siècle, Aimée Dubuc de Riverie fut capturée et offerte au Sultan de Constantinople. Rédigeant ses mémoires alors que ses jours sont comptés, elle nous raconte comment elle devint une Sultane au sommet de la puissance dans le monde clos, violent, fastueux, et fascinant de la cour de Turquie.
Voir site

cliquez pour agrandir l'affiche du film

Un film, Die Favoritin (La Favorite), inspiré du roman de Michel de Grèce fut réalisé, dont vous voyez ci-contre l'affiche (que vous pouvez agrandir en cliquant dessus)
J'ai lu sur le net que Sophie Marceau devait tourner un film intitulé La Favorite, inspiré également par l'oeuvre de Michel de Grèce.
Mais je ne sais si elle l'a tourné ?

D'une manière générale, le thème de la favorite, de la sultane a beaucoup inspiré nos artistes, tant écrivains que compositeurs, peintres ou cinéastes

  • La Sultane favorite de Victor Hugo, recueil Les Orientales (1802-1885)
  • La Favorite (opéra en 4 actes) de Donizetti
  • L'enlèvement au sérail de Mozart
  • La Marquise , film de Véra Belmont (1997)
  • Candide de Voltaire (voir le personnage dite la vieille)
  • etc ...
AbdulHamidI.jpg (37078 bytes) AbdulHamidIbis.jpg (14433 bytes) Padisha Padisha
Abdulhamid I (1725-1789)
dit Ghazi (Combatant)
règne de 1774 à 1789
Mahmoud II, dit Padisha
écrivain sous le pseudonyme d'Adlee.
règne de 1808 à 1839

En cherchant sur Global Gazeeter, nous trouvons  les coordonnées géographiques d'Istanbul.
Latitude
41°1'N
41.0167
Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir
Longitude
28°58'E
28.9667

Cliquez pour agrandir

Vérifions également sur le site MultiMap.
Nous obtenons :

Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir Cliquez pour agrandir
Echelle 500.000 Echelle 200.000 Echelle 50.000

Istanbul

L
a légende raconte que lorsqu'il devint chef du clan, à la mort de son père Ertogrul, Osman 1er (1290-1326), futur fondateur de la dynastie des Osmanlis, qui donna son nom à l'empire ottoman, passa une nuit dans la maison d'un pieux musulman. Celui-ci l'initia aux vérités éternelles du Coran. Osman 1er lut tard dans la nuit et finalement s'endormit debout. Il rêva alors qu'un arbre géant lui sortait des reins; ses branches montaient si haut qu'elles recouvraient les hautes chaînes de montagnes du monde connu, et ses racines étaient arrosées par les grands fleuves de cette région du monde : le Tigre, l'Euphrate, le Danube et le Nil. Le vent souffla sur la vision et les feuilles des branches se transformèrent en épée pointées sur Constantinople. La ville était représentée sous la forme d'un anneau fabuleux couvert de pierreries, attendant d'être cueilli.
Constantinople devint Istambul ("Ville de l'Islam").


THEME DE L'IMPOSTURE

Comme toujours, nous allons voir si ce thème trouve un écho favorable  en la personne d'Aimée Dubuc de Riverny.
Et comme nous le dit Irma : "On raconte que...", on peut penser que cette histoire est une légende, même si l'historien André Castelot l'a tient pour véridique.

Bien évidemment en cherchant en ce sens, je trouve deux sites intéressants :

  • l'un sur le compte-rendu d'une lecture
  • l'autre sur le décés de la sultane Vlade
Le premier concerne l'ouvrage édité par la Société d'Histoire de la Martinique en 1990 (Généalogie et Histoire de la Caraïbe, bulletin 22, décembre 1990, page 232) , de Jacques Petitjean Roget, intitulé "J'ai assassiné la Sultane Validé".
On reconnaît dans ce titre volontairement provocateur l'humour parfois "assassin" de l'auteur, humour qui se manifeste à plusieurs reprises dans le texte lui-même, éclairant le sérieux de l'étude qui fait une fois de plus la preuve et l'extraordinaire érudition et connaissance de l'histoire sociale de la Martinique de Jacques Petitjean Roget et de son talent d'artilleur dont les coups atteignent leur but.
L'ouvrage se compose de plusieurs éléments très divers :
- l'analyse critique des divers textes qui sont à la base de la légende d'Aimée Dubuc de Rivery au XIXème siècle et de tous les récits qui ont suivi jusqu'au livre à succés de Michel de Grèce, "La Nuit du Sérail".
- la présentation de la famille DUBUQ, en distinguant là aussi légende et réalité dans les origines et l'anoblissement de la famille, et en donnant de nombreuses précisions sur la situation sociale tant des DUBUQ que de plusieurs familles alliées en Martinique.
- des éléments et tableaux généalogiques dont l'utilité est évidente mais complexe, vus les nombreux liens familiaux.
- des chapitres passionnants sur Alger, ses corsaires barbaresques et ses esclaves (On y découvre au passage l'interprète du roi de France, Jean Michel Venture de Päradis), Smyrne et bien sûr Istamboul, son histoire, ses sultans, son Sérail et son Harem (vous ne confondrez plus les 2 mots) à la période concernée (18ème-19ème siècle).
- d'autres chapitres sur les historiens de la Martinique, Sidney Daney (lui aussi assassiné) et Adrien Dessalles dont le sérieux est salué.

 

Sur ce site est présentée sous la référence LXXXVII une lettre écrite par La Comtesse de La Ferte-Meun à Constantinople le 15 août 1817, et éditée anonymement à Paris en 1820, et dont on trouve une reproduction dans le livre ' Valide ' de Barbara Chase-Riboud-Riboud (édité par William Morrow et Company, inc. New York). 

L'histoire concerne une fille créole américaine ( une descendante de premiers colons français ou espagnols des Etats-Unis),âgée  d'à peine quatorze ans, capturée et vendue au harem de Topkapi pendant le règne du Sultan ottoman Abdulhamid I (1774-1789). Elle fut alors rebaptisée et  son nom de harem fut Naksh-i-dil et c'est le seul nom qui nous soit resté d'elle, un nom qui viendrait à être connu dans tout l'empire ottoman. Elle était la mère de Sultan Mahmud II et est ainsi devenue la mère de la Reine d'Empress, ou Valide, de l'empire ottoman. 

La lettre ci-dessous est à la fois l'histoire de la vie de Naksh-i-dil et celle d'un harem ottoman entre 1781 et 1839 :
"Constantinople, le 15 août 1817

La sultane Valide vient de mourir. J'ai vu qu'elle a été placée dans la crypte ou mausolée qu'elle avait commencé à faire construire il y a maintenant deux ans et que le Padishah (1) s'est promis de terminer. J'ai vu le cercueil partir du palais. Deux pages l'ont transporté dans un des caiques couverts de Sultan qui ont traversé le Bosphorus. Son palais était à côté de celui du Grand-Signeur, près de Bechick-Tash. De nombreuses personnes de haut rang ont attendu sur l'autre rivage pour prendre la charge du cercueil, ainsi que le veut la coutume. On lutte (2) pour l'honneur de porter, après sa mort, de la personne qu'on a respectée dans la vie, ou la toucher au moins, ce qui est facile pour les Turcs ordinaires. Mais cette fois la sépulture (3) était fermée et déposée au centre de la crypte (4) qui est un immense salon eint dans les tons arabesques verts. En général, les tombeaux de Sultans et Sultanes sont des bâtiments où les vivants seraient très bien logés. Son altesse a envoyé le châle pour couvrir le sarcophage.  
  
On lui dit que le Sultane décédée était française, d'origine américaine, et qu'elle était née à Nantes (5); on ajoute que quand elle avait à peine deux ans, embarquée avec ses parents pour l'Amérique, ils furent capturés par des corsaires et transportés à Alger où ses parents périrent. La petite fille a été achetée par un négociant slave qui a calculé qu'une beauté d'un âge si tendre  le rembourserait un jour proportionnellement à l'éducation qu'il lui fournirait. Il n'a pas été décu dans ses espoirs, puisqu' à l'âge de quatorze, d'une beauté resplendissante, elle fut  vendue au Dey (6) d'Alger en échange de l''hommage dû au (7) Grand-Seigneur. 

Elle a été envoyée au Sultan Abdulhamid (7), qui l'a trouvée avenante (8)  et l'a élevée au rang de Kadine, c'est-à-dire d'épouse. Elle lui a donné Mahmud, le Sultan régnant. Mahmud a toujours eu le plus grand respect pour sa mère. On lui dit qu'elle a surpassé dans la beauté, le charme et l'amabilité  les Circassienness ou Georgiennes, ce qui n'étonne pas puisqu'elle était française. Le Grand-Seigneur a exaucé toutes les charités annuelles de Valide. Par exemple, lors de la célébration du point médian du Ramadan, des gâteaux appelés baklava sont distribués. C'est une pâte feuilletée, une bagatelle trés riche mais néanmoins tout à fait exquise. On ne peut croire que cette philanthropie de la part de Valide est une question de 200.000 francs. Toutes les familles Janissaries, c'est-à-dire la ville entière de Constantinople, recevaient leur plat de Baclava.

La Sultane est morte des suites d'une fièvre maligne. Son fils a refusé d'appeler un docteur, ainsi que le veut la pratique dans ce pays: si les patients succombent, on élimine l'homme qui a donné seulement le succor inutile (9). Il ne me semble pas que cette tradition donne au docteur turc une  réussite plus grande ou une plus expertise que le nôtre. Nous avons fait ce que nous pouvions pour distraire le Grand-Seigneur, qui, depuis cet événement mortel, est plongé, dit-il, dans une douleur profonde. Les promenades en solitaire sont ses occupations préférées pour dissiper son chagrin. 

Les Turcs ne portent jamais le deuil : la couleur noire a le même symbôle pour eux que le  bleu ou le vert en Europe. En général, la peine ne laisse pas des conséquences prolongées sur ces personnes qui aiment légèrement; qui manifestent moins d'affliction et de regrets que nous. L'habitude de recevoir tout comme une bénédiction du ciel rend leur  souffrance presque insensible. 

La Sultane Valide affichait ouvertement Ali Efendi (10) comme son favori, en second lieu seulement de son fils : le Sultan (1) continue à prodiguer sur lui sa dévotion. "C'est dans la mémoire de ma mère " dit-il "qu'il mérite ma bienveillance." Certainement il y a une âme française dans une telle qualité émouvante.
"

-- marquée avec les lettres LXXXVII, Lettres du Bosphore, La Comtesse de La Ferte-Meun, Constantinople, 15 août 1817 (éditée anonymement, Paris, 1820). 

1. Sultan Mahmud II de l'empire ottoman, fils d'Abdulhamid I. 

2. lutter: pour essayer d'obtenir la supériorité. 

3. sepulture: chambre forte ; tombeau. 

4. crypte: une chambre complètement ou partiellement sous la terre. 

5. Nantes: Une ville en France occidentale, sur le Loire, la population d'aujourd'hui 223.000. 

6. Dey: L'ancien titre du gouverneur d'Algers; formellement un pasha ou une grille de tabulation à Tunis ou à Tripoli; un mot dérivé du dayi turc "de mot " qui signifie l'oncle maternel ou un titre amical donné aux personnes d'un certain âge ou âgées. 

7. Sultan Abdulhamid I d'empire ottoman, le père de Mahmud II. 

8. avenant: beau, belle

9. succor: aide, soulagement. 

10. Ali Efendi était l'amoureux de Naksh-i-dil, d'un Janissary, fils d'un négociant de chevaux albanais et d'une chrétienne vénitienne de Corfu, et lieutenant de Mahmud II. Ali  Efendi rencontra Naksh-i-dil en 1808, elle était déjà la Sultane Valide, son fils était le Sultan, et Abdulhamid était mort depuis le 6 avril 1789. Après que Nakshi-i-dil ait présenté Ali en tant que son amoureux, Mahmud l'a promu au grade de Pasha, équivalent au rang principal d'aujourd'hui de général. Après la mort de sa mère en 1837, Mahmud fit exécuter Ali Efendi, l'ex-favori de sa mère. 

Sans oublier, l'annexe de La Grande Sultane, de Barbara Chase-Riboud :

La tradition a longtemps identifié Naksh-i-dil, mère du Sultan Mahmud II, avec Aimée du Buc. L'auteur n'a trouvé aucun document indiquant qu'une quelconque des  Du Buc de l'époque, venue des îles américaines, ait été Naksh-i-dil ou ait jamais atteint le harem de Topkapi.
   De fait, une certaine Aimée-Rose du Buc de Rivery, née le 19 décembre 1776, disparut en Juillet 1788 lors de son retour de France en Martinique, son pays d'origine. Ce qui est évidemment en contradiction avec la date de naissance du Sultan Mahmud II, 1785. les archives de Topkapi confirment qu'à la mort d'Abdul-Hamid, en Avril 1789, Naksh-i-dil était déjà quatrième Kadine. Les noms des autres kadines nous sont donnés par le grand historien turc, Ahmed Rafik, qui fut le premier à nous communiquer, en 1925, le nom de harem de la Validé mère du Sultan Mahmud II.
   D'un autre côté, étant donné l'utilisation persistante du récit prophétique rapporté par Mme Le Normand dans ses "Mémoires de Joséphine", on ajoutera que les initiales Du B** n'ont jamais été associées avec la Validé identifiée comme une mademoiselle S**. D'après les écrits de Mme Le Normand, nous pouvons éventuellement identifier cette Du B**, avec une certaine Marie-Marthe, née en 1756 à la Martinique et morte à Paris en 1784.

Le seul document convaincant, d'un témoin oculaire, que nous ayons sur la vie de Naksh-i-dil est la description des funérailles de la Validé Sultane rapportée dans les "Lettres du Bosphore", de la comtesse de la Ferté-Meun, publiées anonymement en 1820. Elle avait accompagné sa fille, épouse du marquis de la Rivière, qui était alors ambassadeur du roi de France à la Porte (connu pour avoir fait don à Louis XVII de la Vénus de Milo).
En nous fiant à la comtesse de la Ferté-Meun, nous pouvons conclure que Naksh-i-dil était fort probablement une Créole née vers 1765-1767, arrivée à Topkapi, comme cadeau de pirates d'Alger à Abdul-Hamid, entre 1779 et 1781.

L'auteur souhaite signaler d'autres ouvrages qui ont été fondamentaux pour la rédaction de ce roman.

D'abord les deux études d'Ahmed Rafik, "Nakshidil Validé, mère de Mahmud" (Ankara, 1925) et "Le Sultanat des femmes" (Istanbul,1923). pour ce qui concerne le contexte historique de cette période, je sois beaucoup à "Betxeen Old and New, the Ottoman Empire under Selim III" de S. J . Shaw et à "Mustafa pasha baïraktar" (Moscou 1927) de A.F. Miller. Pour le personnage du raïs Hamidou, je me suis servie de deux études de Devoulx, "Le raïs Hamidou" (Alger, 1856) et "Le registre des prises maritimes...des captures amenées par les corsaires algériens" (Alger, 1872). Pour la littérature arabe et ottomane, : "letteratura Turchesca" (Venise, 1787) de G.B. Toderini et "Ottoman Poetry" (Londres, 1900, 1909) de E.J.W. Gibbs. J'ai trouvé un trésor d'anecdotes dans les rapports de l'ambassadeur d'Autriche à la Porte, Le comte de Ludolf, conservés aux archives nationales de Naples. "Les mémoire s du génaralk baron de Dedem" (Nice, 1915) et "les peintres du Bosphore" (paris, 1911) de A.Boppe, sont, aussi une passionante source de détails, en particulier sur le Docteur Lorenzo. les mésaventures d'Ishak Bey sont citées par la plupart de ses contemporains, dont Lady Craven, le comte de Choiseul-Gouffier, Louis Ruffin, Vergennes, l'abbé Martin, etc. Le plus récent article est celui de F.R. Unat, "Bashoca Isahk Efendi" (Istanbul, 1963). Parmi les nombreux textes fascinants sur les eunuques, j'en citerai quatre : "Eunichi nati, fati" (Avignon, 1655) de Teofilo Raynaud, "Les Eunuques de Constantinople" (Paris, 1901) de Regnault, "Eunuchium Displayed Describing all the different Sorts.. by a Person of Honor" (Londres, 1718), auteur anonyme, et "Traité des Eunuques" d'Ancillon (M** D** 1707). Je tiens encore à mentionner trois textes consacrés au harem : "Harem" (Ankara, 1971) et "Harem den Mektuplar" (Istanbul,1956) tous deux de C. Uluçay,ainsi que "The Harem" (Philadelphie,1936) de M. Panzer.


La Prophétie, extrait de La Grande Sultane  par Barbara Chase-Riboud

"Elle s'appelait Euphémia David, expliqua Naksh-i-dil à l'Eunuque noir et à la Kiaya étonnés. C'était l'Obeah la plus connue de la Martinique. C'est elle qui m'a prédit mon destin. Elle détenait le secret de la vie, de la médecine, des poisons, des remèdes contre le mauvais oeil. Elle savait lire le futur, le passé et le présent. Tous la craignaient, les Noirs comme les Blancs. Tuer un homme blanc était  aussi facile pour elle que de briser un fétu de paille... avec sa magie noire..." (...)
Il était midi, ce jour de décembre 1776. La forteresse de pierre juchée sur un promontoire regardait la mer enfermée entre deux digues escarpées, ce qui la faisait ressembler davantage à un repère de pirates qu'à une demeure coloniale. Sur l'île de la Martinique, le luxe était rudimentaire, rare et importé. (...) Cette fête était donnée à l'occasion du baptême du nouveau-né d'une Grande Blanche. Tout le monde s'était assemblé autour du négrier français, le capitaine Marcel Dumas, qui venait d'arriver de Nantes avec sept cent trente nègres de premier choix. (...)
A la tombée de la nuit, alors que le bal battait son plein, je me suis éclipsée avec deux autres filles et mon esclave Angélique. En suivant la plage, nous sommes allées jusqu'à la hutte d'une célèbre Obeah, Euphémia David. De nous trois, une seule, Joséphine, croyait en la magie noire. Nous avions si peur que nous tenions d'une main notre chapeau de paille et de l'autre, la jupe blanche de celle qui nous précédait. L'Ikbal sourit. Cela lui faisait plaisir de raconter tout cela à Hitabetullah. Toutes ensemble nous formions un animal à six pattes, qui caracolait sur le chemin. La fille en tête tenait un bouquet de lis qui faisait penser à la crinière empanachée d'un poney au trot. Nous devions l'offrir à la sorcière.
Euphémia David était la fille mulâtre de John David, un aventurier irlandais. Elle appartenait à la grande et toute-puissante Mme Marie-Euphémia Désirée Tascher de la Pagerie Renaudin, et elle vivait à la plantation Le Robert, car en Martinique, toutes les plantations dignes de ce nom possédaient une Obeah. Africains, Créoles et mulâtres la révéraient, la consultaient et la craignaient. Nous sommes arrivées au moment où Euphémia s'y attendait le moins. C'était jour de repos à la plantation, et les esclaves s'étaient réunis. Nous avions très peur de rencontrer la Quimboiseuse, la magicienne, l'Obeah. C'était un personnage si redouté que lorsqu'un jeune esclave méritait quelques coups de fouet, on le menaçait de l'envoyer à Euphémia. Nous l'avons trouvée dans sa hutte, entourée d'une foule sombre et silencieuse. Un murmure surpris nous a accueillies quand nous avons poussé le rideau de palmes tressées. Puis ça a été le silence total. Nous avons regardé ce cercle de visages noirs, imaginant qu'une tempête allait surgir de la tête de la sorcière, ou que des centaines de serpents siffleraient à ses pieds, mais tout à fait prosaïquement, l'Obeah nous a dit : "
Vous voyez, mes enfants, je n'exhale ni vapeurs étranges, ni fumées, ni flammes, ni volutes sulfureuses. Non, jolies Créoles, ne regrettez pas de m'avoir fait l'honneur de me rendre visite."
Puis l'Obeah s'est tournée vers l'est et a fait le signe de la croix. Ce n'était pas la croix des chrétiens, mais une croix aux bras égaux qui montraient les quatre points cardinaux. Et elle a dit en levant les bras : "
Protégez- moi du mal venant de l'est." Elle s'est ensuite tournée vers le nord, le sud et l'ouest en disant : "Protégez- moi du mal venant du nord. Protégez- moi du mal venant de l'ouest.Protégez- moi du mal venant du sud." Après, elle a tracé un cercle dans le sens des aiguilles d'une montre, de l'est au sud et de l'ouest à l'est en suivant la course du soleil. Le cercle n'était pas uniquement destiné à tenir les forces du mal en échec mais à concentrer celles de la nature. A l'intérieur de ce cercle, elle a placé un petit brasier et après l'avoir allumé, elle y a fait brûler des herbes. Les vapeurs attiraient les esprits, et ceux-ci pouvaient prendre forme à l'aide de la fumée. Elle a jeté tour à tour de la coriandre, de la cigüe, du persil, du pavot noir, du fenouil, du bois de santal, de la jusquiame, de la férule, de la civette, du musc, de la myrrhe, de la mandragore, de l'opium, du soufre et la cervelle réduite en poudre d'un chat noir. Elle nous a regardées à travers la fumée puis elle s'est adressée à la plus âgée d'entre nous, à Mlle du B**, qui avait vingt et un ans :
"
Vous êtes douées d'une certaine maturité, et du talent de votre mère pour l'administration, ce qui est tout à fait indispensable pour diriger une maison. Vous épouserez votre cousin, un Grand Blanc de la Guadeloupe et mettrez au monde un seul enfant, une fille. Vous passerez une grande partie de votre vie au-delà de l'océan. Votre rôle sur cette planète sera éphémère, mais la fortune matérielle ne vous fera jamais défaut."
Ensuite, les yeux d'Euphémia ont tourné dans leurs orbites et d'une voix qui ressemblait au tonnerre sur le Mont Pelé, elle s'est tournée cette fois vers Joséphine Tascher. Elle, elle n'avait que treize ans.
"
Vous épouserez un bel homme promis à une autre personne de votre famille. Cette jeune personne ne vivra pas longtemps. Vous aimez un Créole, mais jamais vous ne l'épouserez, et un jour vous devrez même lui sauver la vie. Les étoiles vous promettent deux mariages. Le premier de vos maris, un noble, est né en Martinique, mais il vit en France. Il est militaire. Vous passerez avec lui des moments heureux, mais comme vous serez tous les deux infidèles, vous serez désunis, après quoi le royaume de France connaîtra la Révolution et des troubles graves, et il périra de façon tragique, vous laissant avec deux enfants. Votre second mari sera d'origine européenne mais il aura la peau très foncée, pas de fortune et pas de nom. Néanmoins, il deviendra célèbre, le monde entier entendra parler de sa gloire et il conquerra toutes les nations. Vous serez célèbre, vous aussi, et on vous honorera plus qu'une reine, mais un jour, ce monde ingrat oubliera vos bonnes actions, et ne se souviendra que des mauvaises. Vous regretterez la vie douce et facile que vous meniez dans nos colonies." Elle s'arrêta un instant. "Vous reviendrez sur cette île, mais vous partirez pour la France, et à ce moment-là, une grande comète s'allumera dans le ciel, signe de votre destinée prodigieuse."
Et Euphémia s'est enfin adressée à moi, Mlle de S**, poursuivit Naksh-i-dil en parlant aussi bas que dans un confessionnal. J'avais dix ans. Soudain l'Ikbal prit la même voix rauque que l'Obeah.
"
Votre nouveau tuteur va bientôt vous envoyer en Europe parfaire votre éducation. Votre bateau sera capturé par des pirates algériens. Vous serez faite prisonnière et rapidement enfermée dans un couvent pour femmes d'une autre nation que la vôtre, ou dans une prison... Là, vous aurez un fils. Ce fils régnera glorieusement sur un empire, mais un régicide ensangletera les marches de son trône. Quant à vous, vous ne jouirez jamais d'honneur public ni de gloire, mais vous régnerez, Reine voilée, invisible, vous vivrez dans un vaste palais où chacun de vos souhaits sera un ordre, et des esclaves innombrables, par milliers, vous serviront. Au moment même où vous vous sentirez la plus heureuse des femmes, votre bonheur s'évanouïra comme un rêve, et une longue maladie vous conduira jusqu'à la tombe."


Michel de Grèce s'intéressa encore à l'Empire Ottoman avec son roman Le Dernier sultan dans lequel il nous présente Abdul Hamid II (1842-1918), le dernier sultan, fils du sultan Abdul Medjid Ier (1823-1861), non comme le fou sanguinaire que l'histoire - écrite par les Occidentaux - a retenu : le "Sultan Rouge", mais bien plutôt comme un homme qui s'efforce de "consolider" et de moderniser l'Empire "malade". Mais gouverner cet empire, c'est avoir les yeux rivés sur l'Europe, l'Asie et l'Afrique; ménager dix religions, cinquante ethnies; affronter trahisons, complots, révoltes ...
Le royaume des mille et une nuit brille encore de tous ses feux. Mais dès la fin du XIXème siècle, tout cela n'est plus qu'une illusion. L'Empire Ottoman se meurt. La Turquie moderne se dessine...


Solution officielle Version française

11) La voyante disait en français : «On raconte qu’elle aurait été vendue comme esclave à Alger, mais que cela n’aurait pas empêché la prédiction, faite à l’autre bout du monde, de se réaliser. Après avoir indiqué son prénom et son nom, tu iras là où, dit-on, son extraordinaire destinée se serait accomplie.» Joséphine de Beauharnais racontait que lorsqu’elle était jeune, à la Martinique, elle s’était rendue chez une voyante, Eliama, en compagnie d’une amie de son âge et lointaine cousine, Aimée du Buc de Rivery. La voyante prédit à Aimée qu’elle «serait un jour reine» ; et à Joséphine elle affirma qu’après un mariage malheureux qui la laisserait veuve, «elle serait plus que reine». Quant à Aimée du Buc de Rivery, une légende tenace affirme qu’elle aurait été capturée en mer par des pirates turcs, vendue comme esclave à Alger, et offerte au sultan ottoman Sélim III qui en aurait fait sa favorite. Aimée du Buc de Rivery aurait été la sultane Validé, mère du futur Mahmoud II... La plupart des historiens et auteurs ont orthographié son nom de manière erronée, écrivant «Riverny», au lieu de «Rivery». Aussi, compte tenu de la relative difficulté de trouver la formulation exacte dans les ouvrages rapportant cette anecdote, les deux orthographes ont-elles été acceptées pour le jeu : AIMEE DU BUC DE RIVERY ou AIMEE DU BUC DE RIVERNY. Il fallait ensuite cliquer sur la Turquie pour avoir accès à l’étape suivante.

Note. L’anecdote de la voyance d’Eliama, pour incroyable qu’elle paraisse, a été rapportée dès 1790 par Joséphine elle-même - donc quatre ans avant la mort de son premier mari, six ans avant son mariage avec Bonaparte, et quatorze ans avant de devenir impératrice des Français.

Note. Sur la table, dans la roulotte de Madame Irma, se trouvait un soliflore contenant une rose. Cela pouvait être une petite confirmation - voire un indice - concernant la source de cette anecdote, c’est-à-dire l’impératrice Joséphine, de son vrai nom Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie, qu’on appela «Rose» dans sa jeunesse.

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